LE TAMANU, un arbre aux vertus extraordinaires

LE TAMANU, un arbre aux vertus extraordinaires

Presque tout le monde a entendu parler de l’huile de tamanu, mais connaissez-vous vraiment ses propriétés ?

Le tamanu de bord de mer, de nom scientifique Calophyllum inophyllum, est un arbre originaire de l’Asie du Sud-Est que l’on trouve aujourd’hui sur de nombreux rivages tropicaux de l’océan Indien et de l’océan Pacifique. Il peut atteindre les 30 m de hauteur, aime les terrains salés et sablonneux et sa dissémination se réalise grâce à ses fruits flottants sur la mer.

Dans les temps anciens à Tahiti, le Tamanu était considéré comme un arbre sacré, tabou, du fait de ses vertus thérapeutiques et il était souvent planté dans l’enceinte des marae royaux. Les marae sont des sites sacrés à caractère religieux et social. Son bois était exclusivement réservé pour la sculpture des « tiki », les fameuses idoles polynésiennes.

Bien qu’autrefois nombreux dans les îles du Pacifique, les grands tamanu sont devenus rares à cause de l’exploitation intensive de ces arbres au bois imputrescible, de couleur rougeâtre, très prisés au 19ème et 20ème siècle par les charpentiers de marine et les constructeurs en tous genres. Par exemple on ne trouve aujourd’hui que très peu d’arbres le long de la côte ouest de Nouvelle-Calédonie. Ils sont plus nombreux à l’est où l’exploitation était bien plus difficile.

Dans le tamanu tout est utilisé. Pas seulement le bois aux qualités exceptionnelles, mais aussi les feuilles et l’écorce, les racines, les fleurs et tout particulièrement, les graines. A partir des graines il est possible d’extraire une huile aux nombreuses vertus thérapeutiques. Traditionnellement le peuple Kanak utilisait beaucoup le tamanu. Les graines, les feuilles et l’écorce pour soigner diverses affections et le bois pour construire. Pour extraire l’huile tout simplement ils jetaient les graines sur les braises et quand celles-ci commençaient à suinter ils récupéraient l’huile et l’appliquaient, sur les plaies par exemple. Malheureusement, ce savoir-faire ancestral est aujourd’hui quasiment oublié.

Les nombreuses propriétés thérapeutiques de l’huile de tamanu ont été scientifiquement prouvées, validant ainsi les connaissances issues de la médicine traditionnelle mélanésienne et polynésienne.

L’huile de tamanu est riche en acides gras essentiels oméga-6 et oméga-9 qui apportent nutrition et élasticité à la peau. Elle contient aussi des actifs antioxydants sous forme de vitamine E et polyphénols ; des actifs antibactériens et désinfectants sous forme de inophyllin A ; des actifs cicatrisants et réparateurs sous forme de calaustraline et inophyllolide.

L’huile de tamanu possède de notables propriétés anti-inflammatoires, antalgiques, anti-mycoses, antibiotiques et cicatrisantes. Son efficacité n’est plus à prouver sur les plaies difficiles à cicatriser, les brûlures, les plaies post-opératoires et les ulcères 1,2,3,4.  Le tamanu est particulièrement efficace pour combattre les furoncles, l’acné, les jambes lourdes, les douleurs articulaires et musculaires, les piqûres d’insectes.

L’huile de tamanu a une forte activité cytotoxique et par la même anti-cancérigène. Des essais scientifiques réalisés sur des souris ont démontré que le tamanu, riche en xanthones, combat efficacement certains types de cancer, et plus particulièrement les cancers de la peau, les mélanomes, dont le traitement repose essentiellement sur la chirurgie 5,6.

L’huile de tamanu adoucit les irritations et prévient l’apparition de rides et de vergetures. Elle protège et nourrit les peaux sèches ou abîmées, et participe à leur réhydratation et leur revitalisation. En soin capillaire, l’huile nourrit et redonne de l’éclat aux cheveux grâce à son action apaisante et hydratante.

C’est une huile forte, très active qui peut provoquer des allergies chez certaines personnes. Il convient de l’utiliser diluée avec une autre huile à une concentration inférieure à 20 %.

 

1 Dweck and Meadows, 2004

2 Zakaria et al., 2012

3 Léguillier et al., 2015

4 Kainuma et al., 2016

5 Reyes-Chilpa et al., 2004

6 Ruiz-Marcial et al., 2007

 

 

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